Ça veut dire quoi, manger ?

Bonjour les amis !

Vous avez étés nombreux à me laisser des messages suite à mon dernier billet d’humeur Jusqu’où peut-on penser différemment ?, merci beaucoup ! Si vous ne l’avez pas lu, je vous encourage à le faire et à me partager votre ressenti à ce sujet.

Depuis que j’ai repris mon alimentation en main, je lis au quotidien sur Instagram ou dans les groupes Facebook dédiés à l’alimentation cétogène les mêmes commentaires :

  • J’ai dépassé mes glucides de 5 grammes aujourd’hui, que faire ?
  • Ce produit est-il cétogène ?
  • Combien de calories dois-je ingérer pour maigrir ?

C’est à la lecture de ce genre de questions que m’est venu le besoin de rédiger cet article. Aujourd’hui, je voudrais ouvrir des pistes de réflexion autour de la question : ça veut dire quoi, manger ?

Manger, c’est avant tout répondre à des besoins physiologiques. Pour grandir, pour vivre, pour faire face aux épreuves du quotidien, nous avons besoin d’un grand nombre de nutriments essentiels que le corps ne sait produire par lui même.

Sans protéine, le corps ne sait synthétiser de nouveaux tissus, de nouveaux muscles. Les protéines sont indispensables. La vitamine A joue un rôle fondamental dans la vue et le corps ne sait en synthétiser. La vitamine A est indispensable. Le corps ne sait produire ses propres omégas 3 et omégas 6. On parle d’acides gras essentiels car ils sont indispensables. J’aurais pu multiplier les exemples à l’infini, mais vous voyez le principe.

Nous avons tous des besoins différents : en fonction de notre taille, de notre poids, de notre activité physique, de notre métabolisme de base… Ces besoins sont souvent exprimés en calories, que nous pouvons ensuite diviser en trois macro-nutriments : glucides, protéines et lipides. Nous pouvons les additionner, les soustraire, les prévoir, les déduire de tableaux, d’applications sur smartphone. Nous pouvons faire des calculs, des pourcentages. Nous pouvons les doser, tel des professeurs dans ses laboratoires de chimie.

En poussant cette idée à son paroxysme, nous pourrions nous nourrir de faux aliments, de poudres mélangées entre elles, de gélules ou d’autres compléments alimentaires. J’ai besoin de 122 grammes de protéines, de 500 mg de sodium et de 48 grammes d’omégas 3 ? Pas de problème, je n’ai qu’a ouvrir des pots de poudre blanche, les mélanger dans un peu d’eau tiède et d’ingurgiter cette mixture, avec un petit peu d’arôme de tomate, pour rendre le tout plus savoureux.

Science fiction ? Pas tant, si l’on voit le nombre de start-ups se lançant dans le business des repas en poudre. Trop de travail ? Pas le temps de manger ? Pas de panique ! 500 ml d’eau, on secoue pendant 30 secondes, et voila un repas équilibré à ingurgiter en même temps que l’on peaufinera son Powerpoint.

Vous voyez où je veux en venir ?

Manger, c’est avant tout répondre à des besoins physiologiques. Mais manger, ce n’est pas uniquement répondre à des besoins physiologiques.

Manger, ce n’est pas que compter des calories ou des macros. Manger, ce n’est pas que se remplir l’estomac de molécules nous maintenant en vie jour après jour.

Manger, c’est prendre part à la longue histoire de l’humanité. Manger, c’est créer du sens. Manger, c’est un acte social. Un acte culturel. C’est faire plaisir et se faire plaisir. C’est du partage. C’est créer du lien.

Manger, c’est un acte politique. Un acte économique. Manger, c’est comprendre que nous faisons parti d’une longue chaine d’interactions sociales. Qui a produit l’aliment que j’ai là, dans mon assiette ? Où, dans quelles conditions ? Où va-t-il atterrir l’argent que j’ai donné en échange de ce panier de course ? Profitera-t-il vraiment à celui qui a produit ? Va-t-il remplir le portefeuille d’une multinationale ? Dis moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es.

Manger des produits industriels et ultra-transformés, c’est oublier cela, en partie. Acheter des légumes pré-découpés, c’est oublier cela, en partie.

Vous voyez où je veux en venir ?

Arrêtons d’être obsédés pas les macros, les grammes et les calories. N’oublions pas l’essentiel : manger pour vivre, vivre pour manger. N’oublions pas de mettre du sens dans nos assiettes !

Pour aller plus loin, je vous recommande de lire ou d’écouter Paul Ariès : Une histoire politique de l’alimentation.


Crédits photos : Priscilla Du PreezPaweł CzerwińskiBiegun WschodniJulian Hanslmaier

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