Jusqu’où peut on penser différemment ?

Bonjour les amis, keto ou non… Aujourd’hui je fais dans l’ouverture d’esprit, j’accepte tout le monde !

Je vous écris un peu fatigué de devoir tous les jours justifier mes choix. Retour en arrière.

Hier, dans la cuisine de mon entreprise. Comme tous les jours, je sors une poêle, une planche à découper et je prépare mon repas. Au menu du jour : du céleri branche cuit au beurre avec un peu d’ail, du foie de bœuf, une salade verte avec quelques oignons rouges, de l’huile d’olive, du sel et du poivre. Rien qui ne puisse justifier quelconque réaction passionnelle, ou peut-être le foie de bœuf. Oui, les abats ont été presque oubliés de nos menus : pourtant, les anciennes générations savaient que c’était les mets les plus riches en nutriments que l’on puisse trouver. Madame Richard, je vous mets une tranche de foie, comme d’habitude ? Disait le boucher à sa fidèle cliente, un dimanche de marché.

Mais revenons à notre histoire. Il suffit de peu pour faire trembler les murs et provoquer la panique. Un départ de flamme ? Un inconnu entrant par effraction ? Non ! L’objet du délit est plus inattendu : une plaquette de beurre de baratte bio de 250 grammes. La simple vue de cet objet rectangulaire provoque une tension palpable, alors quand le couteau y pénètre pour venir en déposer une partie dans une poêle chaude, quelle angoisse ! Tout de suite, les réactions fusent : « Et ben, tu n’hésites pas sur le beurre, toi », « Tu as vu tout le beurre que tu mets ?! », -regard dégouté-, « Je ne sais pas comment tu fais pour être aussi maigre avec tout ce que tu manges », « Oui, mais toi, tu fais du sport », « Moi, si je mange comme ça, je prends 10 kg » -instant jalousie- j’en passe et des meilleures.

À ce moment là, et alors que les aliments sont toujours dans la poêle, je suis déjà -un peu malgré moi- au centre des attentions dans la file d’attente des micro-ondes, dans lesquels les plats industriels attendent d’atteindre leur température optimale. Une barquette surgelée Picard monopolise un appareil pendant 8 minutes, ce qui provoque un certain agacement dans la queue. Mon plat chaud, je m’assois à table avec 7 autres personnes, et à nouveau, tous les regards sont braqués sur mon assiette : rires gênés, remarques, fourchettes venant presque remuer et autopsier son contenu. Moi qui n’aime pas monopoliser l’attention, c’est râté.

Oui, mon régime alimentaire peut étonner. Quand on choisit une alimentation à la stricte opposée des recommandations institutionnelles, c’est normal interpeller. Je comprend ces réactions et j’aime parler de mes choix. J’ai eu des discussions passionnantes avec des proches, un peu étonnés mais curieux et à l’écoute. Au début, j’avais du mal à assumer, à oser en parler, mais je suis rôdé après 3 ans d’alimentation cétogène.

Ce qui me gène, c’est de devoir me justifier face à des personnes enfermées dans leurs certitudes. Incapables de concevoir que l’on puisse penser différemment et désirer se rapprocher de ce qui nous semble vrai, par des lectures, des rencontres, et par l’expérience personnelle. Ce qui me gène, c’est que des gens refusent que d’autres aient ce besoin de penser un minimum par eux-même, différemment. Pendant ce fameux repas, je me suis simplement contenté de répondre le plus succinctement possible et d’essayer de trouver d’autres sujets de conversation.

Lorsque l’on m’a déballé les bilans médicaux, les taux de cholestérol élevés et la prise de médicaments, j’ai compris que j’aurais été mis au bûché si j’avais dit une phrase de la sorte : « il n’y a aucun lien entre cholestérol élevé et maladies cardio-vasculaires. Le cholestérol est une molécule vitale et créée par l’organisme, l’apport de cholestérol par l’alimentation n’a aucun lien avec la hausse du cholestérol sanguin. Il n’existe d’ailleurs pas de bon ou de mauvais cholestérol, les LDL et HDL n’étant pas du cholestérol mais des protéines » (un peu de lecture). « Mais tu rajoute encore du sel ?! » Décidément, vivement que ce repas se termine.

Il y a les personnes n’ayant pas de connaissances scientifiques, m’écoutant un peu étonnés, mais ne faisant pas de commentaires, ne connaissant pas ou ne s’intéressant pas au sujet. Et puis, il y a les experts. Si considérer une autre façon de penser est difficile pour vous et moi, j’ai remarqué que cela devenait presque impossible pour experts, scientifiques ou médecins, pourtant à priori sensibles à la notion d’hypothèse :

Une hypothèse est une proposition ou une explication que l’on se contente d’énoncer sans prendre position sur son caractère véridique, c’est-à-dire sans l’affirmer ou la nier. Il s’agit donc d’une simple supposition, appartenant au domaine du possible ou du probable. Une fois énoncée, une hypothèse peut être étudiée, confrontée, utilisée, discutée ou traitée de toute autre façon jugée nécessaire, par exemple dans le cadre d’une démarche expérimentale. (source)

Pour résumer, il y a l’hypothèse (les lipides font grossir), et puis il y a l’expérience (mangez keto, on verra si vous grossissez). Si l’expérience ne va pas dans le sens de l’hypothèse (vous perdez du poids en mangeant keto), alors cette dernière est fausse (les lipides font grossir). Malheureusement, des intérêts économiques, politiques, des freins institutionnels et psychologiques font que la réalité n’est pas aussi simple et qu’il est difficile d’interroger ce que l’on a appris pendant plus de 10 ans d’étude. Attention, je ne remets en aucun cas en cause le travail des experts de santé, heureusement que nous avons des hôpitaux et des médecins dévoués, et je n’ai pas la prétention de faire leurs métiers à leurs places !

Aussi, il ne faut pas oublier que toute science est construite historiquement et culturellement. Que la science n’avance que par la reconnaissance de l’erreur. Le vrai ne l’est que dans un contexte, qu’à une époque. À une lointaine époque, on pensait que la terre était plate.

J’ai utilisé ici l’exemple de l’alimentation, mais j’aurais également pu prendre l’exemple du sport. Un jour, j’ai décidé que je refuserai le dogme du matériel sportif pour épouser une autre vision, plus naturelle : la course à pied minimaliste et pieds nus. Non, je n’achèterai plus des chaussures à 150€ garantissant le plus d’amorti possible. J’irais dans la direction opposée, dépouillé de cette course au matériel, faisant confiance à mon corps, à mes articulations et à mes muscles. Je peux vous assurer que j’ai reçu d’innombrables remarques et moqueries (« Tu cours en chaussons ? », « Olivier, tu as oublié tes baskets ! »), jusqu’au moment où tous ont compris que seul que mon ressenti compterait et que je n’ai pas besoin d’artifice pour faire moins de trente-six minutes au dix kilomètres.

Un jour, j’ai décidé que prendre des bains à 5°c et me balader torse nu en plein hiver m’aiderait à lutter contre le froid et la maladie. Personne ne m’a conseillé de le faire. Cela fait des années que je n’ai pas été malade et je n’ai jamais posé d’arrêt maladie.

Et moi, dans tout ça ? Et bien moi, j’ai décidé de penser par moi-même et de ne plus prendre au pied de la lettre tout ce que l’on me dit de faire. Non pas de façon aveugle et suicidaire, mais en m’inspirant de lectures, en m’inspirant de science, et surtout, en m’inspirant de ma propre expérience. J’ai décidé de choisir comme j’entendais vivre, même si je devais sortir des sentiers battus et me battre pour défendre mes idées. C’est d’ailleurs pour cela que je me suis lancé dans l’aventure Low-Carb Frenchie : pour montrer au plus grand nombre qu’une autre façon de penser l’alimentation et le sport était possible, et que cela aurait des répercussions positives sur tous les aspects de la vie.

Et moi, dans tout ça ? Et bien moi, je suis humain. Il y a des jours où je sais passer outre les remarques, jalouses ou désobligeantes. Il y a des jours où je suis un peu moins tolérant. Il y a d’autres jours où j’en ai marre ; marre de devoir justifier mes choix, face à des personnes ne faisant pas l’effort d’écouter l’autre, ne faisant pas l’effort d’être un minimum ouvert aux idées neuves. Il y a des jours où j’en ai marre de toujours répéter la même chose aux mêmes gens et d’entendre toujours les mêmes remarques. Je ne te fais pas de remarque lorsque tu manges Macdo. Je ne te fais pas de remarque lorsque tu manges des cookies. Je ne te fais pas de remarque lorsque tu bois du Coca. Je ne te fais pas de remarque lorsque tu manges ton plat surgelé Weight Watchers.

Et moi, dans tout ça ? Et bien moi, il y a des jours où je me demande si la vie n’aurait pas été plus simple si j’avais tout laissé tomber, si je me contentais de suivre le mouvement, bien au chaud. Et puis non, il n’en est pas question. Ce sont les notions de choix, d’initiative, de prise de risque, d’apprentissage et de découverte qui me font grandir.

Plus fort qu’hier. C’est tout ce qui compte, au fond.


Vider mon sac de la sorte n’est pas dans mes habitudes et j’aime parfois me cacher derrière mon pseudonyme. Mais écrire cet article était important pour moi et j’espère que vous en avez apprécié la lecture. Dans tous les cas, merci de m’avoir lu jusqu’au bout, j’attends vos témoignages en commentaires. Aussi, si vous avez aimé l’article, n’hésitez pas à le partager sur Facebook !

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Commentaires (8)

  • Sophie 1 mois ago Reply

    Je n’aurais pas dit mieux !
    Courage Olivier, tu n’es pas seul à savoir que « la vérité est ailleurs » <3

    Schneider 1 mois ago Reply

    « Pourquoi le sage parle-t-il si peu ? Parce qu’il est plus convaincu de la sottise des hommes que pénétré de l’espoir de les guérir  » ! Je pense qu’il vaut mieux laisser tomber. C’est dommage de ne pas avoir l esprit plus ouvert. L amie qui m a parlé de cette nouvelle façon de manger était si radieuse que je me suis laissée embarquer. Elle m a juste dit : lis ! Après j’ai « creusé » et je ne reviendrai plus en arrière : 15 kg de perdu et surtout, je me sens moins stressée. C’est l essentiel ! En tout cas, merci de ce coup de gueule, on se sent moins seul !

  • Fatima-zahra 1 mois ago Reply

    Bonjour,
    Je comprend parfaitement ce ras-le-bol. Pensez et agir différemment des autres a toujours et restera difficile à gérer. Que ce soit alimentation, culture, religion etc… A partir du moment où on est différent, il faut s’attendre à être toujours jugé, scruté,moqué. Heureusement beaucoup sont ouverts d’esprit et les échanges peuvent être passionnants, enrichissants. Maintenant il faut garder en tête que nos différences sont notre richesse et une opportunité de voir le monde sous différents angles, d’avoir un esprit critique plus éguisé. Notre différence est notre force même si parfois nous sommes fatigués de nous battre.
    Et n’oublions pas « l’esprit c’est comme un parachute, il fonctionne mieux lorsqu’il est ouvert » 😉💪

  • Schneider 1 mois ago Reply

    « Pourquoi le sage parle-t-il si peu ? Parce qu’il est plus convaincu de la sottise des hommes que pénétré de l’espoir de les guérir  » ! Je pense qu’il vaut mieux laisser tomber. C’est dommage de ne pas avoir l esprit plus ouvert. L amie qui m a parlé de cette nouvelle façon de manger était si radieuse que je me suis laissée embarquer. Elle m a juste dit : lis ! Après j’ai « creusé » et je ne reviendrai plus en arrière : 15 kg de perdu et surtout, je me sens moins stressée. C’est l essentiel ! En tout cas, merci de ce coup de gueule, on se sent moins seul !

  • Morgane 1 mois ago Reply

    Bel article. On sent qu’il vient du coeur, des tripes. Bravo pour votre ténacité.

  • MagVR 1 mois ago Reply

    Merci pour ton partage. On a tellement envie de partager, de crier aux gens de changer leurs habitudes, mais c’est un combat bien difficile face a la foule. Moi je me sens un peu seule parfois, mais grâce à des gens comme toi que je suis sur Instagram, je garde le sourire. Merci à tous les céto Potes 😁

  • Lydie 4 semaines ago Reply

    Merci pour cet article. J’ai découvert le kéto fin août, je me suis lancée après quelques recherches (blog, you tube…). Peut-être que j’ai l’esprit aventureux ? Toujours est il qu’aujourd’hui je n’ai plus de fringale le matin, que mes séances d’entraînement (je fais du tir à l’arc) se déroulent sans poses et que je ne suis plus en surpoids. Je sais que je susciterai des questionnements et remarques lors des concours, la population sur les pas de tir ne reflétant pas l’image que l’on se fait du sportif. Continue d’informer et de témoigner, l’effet boule de neige est en cours.

  • Marie Borrens 3 semaines ago Reply

    Super article Olivier, ton texte est applicable à la cause écologique ! 🙂

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