Finisher ! Ma Race Across France 2500 km - Low-Carb Frenchie Skip to main content
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21h11 et trente secondes. Je fixe les chiffres défilant sur le gros panneau rouge en face de moi alors que le speaker fait l’animation au micro à ma droite. Il fait encore chaud, la nuit commence à tomber. Tant de pensées se percutent dans ma tête : j’ai peur… J’ai hâte… Nous y sommes enfin… Ça va être dur… J’essaie de ne plus penser à rien. Le départ est dans moins de trente secondes maintenant et je suis sur la rampe de départ, prêt à m’élancer pour un contre-la-montre de 2500 kilomètres.


 

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Il faut être fou pour se lancer pareil défi. Pourquoi n’ai-je pas décidé plutôt de m’inscrire sur le 300 ou le 500 kilomètres pour commencer ? J’ai tellement rêvé de cette course, écouté ces récits… Ces noms de cols, ces histoires qui résonnaient dans mon esprit et ont créé en moi des images abstraites que je devais photographier de mes propres yeux. Je me suis inscrit sur la distance reine de 2500 km car pour moi, il n’y a qu’une Race Across France, c’est celle-là.

21h12. Je m’élance doucement. Inutile de trop appuyer sur les pédales, la route va être longue. Je fais un coucou à ma famille présente sur le bord. J’essaie de me concentrer uniquement sur ma cadence de pédalage. Je suis frais et l’adrénaline va me tenir éveillé, j’essaie de me freiner volontairement. Nous partons toutes les minutes et trente secondes et je me fais doubler sans interruption au bout de 10 minutes de course. Je ne m’affole pas et reste à mon rythme. Il fait maintenant nuit et nous n’avons cessé de monter : la première partie de la course va être dure, très dure.

La première partie, c’est celle qui doit nous mener au sommet du Mont Ventoux. S’il est intellectuellement impossible de réaliser ce que représenten plusieurs milliers de kilomètres pour deux mollets, je préfère découper le parcours en sous-objectifs réalisables que je cocherais les uns après les autres. Ils me donneront chacun un petit peu de courage supplémentaire pour appréhender la suite.

La circulation de la ville laisse place au silence de la nuit. Nous grimpons toujours pour atteindre les 1400 mètres d’altitude au bout de 50 kilomètres, comme une longue guirlande de lucioles rouges et blanches serpentant dans la nuit. Les premières heures passent très rapidement, je commence à être fatigué mais l’excitation me fait rester en alerte. Il est trois heures du matin quand mes paupières se ferment toutes seules, en même temps que je croise les premiers participants allongés sur le bord de la route : comme si les doubler m’autorisait à poser le pied moi aussi, je décide de faire une sieste. Je m’allonge 40 minutes sans avoir l’impression de dormir, car les cliquetis des cassettes et des chaînes en aluminium me frôlant à intervalle régulier me rappellent que je suis le dossard USS122 d’une course dont le chronomètre ne va pas s’arrêter pendant presque huit jours. Chaque minute de perdue, c’est 300 mètres. Bout-à-bout, cela peut faire des heures et des places au classement.

Pleine lune dans le Verdon

Lever de soleil dans les lavandes

Je repars aux alentours de 4 heures du matin, euphorique, et admire le magnifique lever de soleil sur les lavandes. La nuit a été claire dans les gorges du Verdon, le relief peint et l’horizon dessiné par la pleine lune, un spectacle saisissant. Je me suis répété pour la première fois cette phrase qui m’a suivi tout au long du périple, même dans les moments les plus difficiles : « j’ai la chance d’être ici ». Aux alentours de midi, il commence à faire extrêmement chaud à l’approche du Géant de Provence. Je n’ai presque rien mangé cette nuit alors que j’approche des 300 kilomètres parcourus. Je commence à perdre en lucidité lorsque que j’arrive vers la première base de vie, mais fatigué je la rate, ne comprenant pas ce que fait cette boucle sur la trace GPS. Je m’en aperçois 5 kilomètres plus loin, très fatigué, trop fatigué déjà, après seulement 15 heures de course. Je bois un café et gonfle mon matelas pour une pause d’une heure avant d’attaquer l’ascension du Ventoux. J’en ai besoin. Je me fais réveiller par une passante bienveillante : « monsieur… monsieur… Est-ce que vous allez bien ? » Je n’ai pas eu l’impression d’avoir vraiment dormi mais je m’élance pour le premier gros morceau.

Passé Bédouin, lorsque la pente s’élève en direction du Chalet Reynard, je comprends que ce premier monstre va être difficile à dompter. J’ai très chaud, mon cœur s’emballe trop vite, je ne sais pas si je dois mouliner ou mettre du braquet… J’avance coûte que coûte, mais la pente semble toujours plus raide, les virages toujours plus éloignés les uns des autres. Je ne comprends pas pourquoi ma vitesse s’approche dangereusement des 5 km/h mais je m’oblige à rester sur le vélo. Je sue à grosses gouttes. Je garde le cycliste de devant en ligne de mire : « si il reste sur le vélo, je reste sur le vélo » : quelques secondes plus tard, il pose pied à terre, comme me disant : « allez, finissons le en marchant, ça sera plus simple »… En marchant, les derniers kilomètres sont interminables. Un long chemin de croix dont les minutes se transforment en heures. Nous sommes plusieurs en perdition sur ces terribles rampes à guetter le petit carré de bois brun au-dessus des sapins qui signifiera notre arrivée au Chalet Reynard.

J’ai le sentiment que la pente devient plus douce, où est-ce le concurrent qui me double, la sueur goûtant de son menton sur son vélo qui me fait repartir ? Je décide de remonter sur le mien et croise la camionnette de vidéastes quelques mètres plus loin : ouf, ma fierté est encore saine et sauve !

Arrivé au Chalet Reynard, j’ai autant souffert lors de ces 10 ou 11 kilomètres d’ascension que lors de toute ma maigre expérience de cycliste. Je suis à bout et commande 2 canettes : une de Perrier, une de Coca Zéro. Plus rien n’existe dans ma tête que ce besoin de m’allonger et de me rafraîchir. Nous sommes une petite dizaine de cyclistes échoués, comme autant de voiliers battus par les vents un jour de tempête. L’un d’entre eux passe au-dessus de mes jambes avec cinq canettes sur son plateau. L’instinct dépasse la raison. Le départ de la course est brutal. Si je désirais conserver de l’énergie pour la suite, c’est raté.

© Quentin Iglesis pour Race Across France

Il va pourtant falloir en retrouver car le sommet se situe 7 kilomètres plus haut encore, après la partie la plus lunaire et la plus célèbre de l’ascension, qui est par chance aussi un peu moins pentue. Mes rafraîchissements semblent m’avoir fait du bien, autant que l’arrivée inattendue de mon ami Alvaro, créateur de Holyfat, qui me propose de m’accompagner jusqu’en haut. Les paysages sont grandioses. J’arrive enfin au sommet après un peu plus de 21 heures depuis le coup de pistolet, en avance sur mon objectif de 24 heures.

Après avoir profité quelques instants de la superbe vue et pris quelques photos, je dis au revoir à Alvaro, enfile mon coupe-vent et me lance dans la descente. Même si les longues et raides lignes droites au revêtement impeccable vers Malaussène m’invitent à prendre beaucoup de vitesse, je reste très prudent après quelques frayeurs causées par d’impressionnantes bourrasques de vent latéral. Peu de temps avant, Guillaume, alias Runnexplorer sur Instagram a chuté et a été emmené en ambulance au même endroit, souffrant de fracture de la clavicule. Jusqu’à la ligne d’arrivée, je jouerais la carte de la prudence. L’aventure peut s’arrêter en une fraction de seconde d’inattention. Chaque jour, je découvre de nombreux abandons sur le groupe WhatsApp de la course et m’estime si chanceux d’être arrivé jusqu’ici sans encombre.

En route vers le Ventoux !

Arrivé à Malaussène, je croise de nombreux concurrents qui ont eu la même idée que moi : acheter à manger dans le petit Casino de la ville. J’achète un avocat, de la truite, des rillettes de poisson, du Perrier. J’ai besoin de manger et de me rafraîchir. Il est 18 heures. Nous mangeons ensemble, puis je décide de m’arrêter là pour aujourd’hui pour repartir vers minuit. Mon GPS indique 357 km. Je suis réellement à bout de force. Je gonfle mon matelas pour dormir mais j’en suis incapable : il fait encore parfaitement jour, trop chaud et beaucoup de voitures passent tout prêt de mon installation. Au bout d’une heure environ, je suis résigné à aller chercher un campement au calme hors des villes. Je range tout dans ma sacoche de selle et mets les jambes dans une fontaine très fraîche, ce qui me fait le plus grand bien.

Cryothérapie gratuite

Ciel de feu entre Malaussène et le Vercors

À ma grande surprise, cette pause m’a redonné l’énergie nécessaire pour repartir quelques heures encore. Je roule sous un coucher de soleil magnifique. Vers 23 heures, je croise deux cyclistes posant leur campement. Je décide de dormir avec eux pour qu’on reparte tous les trois 2 heures plus tard. Cette courte nuit est réparatrice et nous repartons ensemble à 1h30. Nos rythmes sont différents et nous nous séparons au bout de quelques minutes alors que nous roulions sans échanger un mot, concentrés sur nos efforts respectifs. Je vois le soleil se lever sur les lavandes mais commence à ressentir à nouveau la fatigue : je fais une sieste d’une petite heure les jambes en l’air vers 6 heures. Je repars en meilleur état.

Mon objectif est d’arriver au plus vite dans le Vercors et plus précisément à Saint-Jean-en-Royans, 2eme base de vie, au kilomètre 545. Je monte long long Col du Rousset pour arriver sur le plateau du Vercors, quel spectacle. Je retrouve la motivation et le plaisir de pédaler. J’arrive ensuite aux Combes Laval, l’un des des plus beaux spectacles que j’ai vécu durant l’aventure : la route serpentant à flanc de falaise pour s’enfoncer sous des tunnels de roche percés à intervalles réguliers restera un moment très intense de l’aventure.

Les Combes Laval : quel spectacle !

Dans le Vercors avec Alvaro de Holyfat

J’arrive au CP2 de Saint-Jean à 11 heures du matin. Je décide d’y rester 1h30 pour me reposer, prendre une bonne douche, récupérer le sac que l’organisation m’a déposé et ce dont j’ai besoin pour la suite : si le Ventoux et le Vercors sont l’échauffement, les Alpes qui arrivent seront le plat de résistance. Je dois repartir en forme.

Je quitte le check-point pour traverser le Vercors, contourner Grenoble et attaquer la vallée de l’Oisans vers l’Alpe d’Huez. Cette vallée est un enfer dont on ne voit pas le bout. Je la connais par cœur pour l’avoir prise d’innombrables fois en voiture mais aussi en vélo lors de mon Lille-Nice. La route s’élève à un pourcentage très faible, peut-être 2 ou 3%, les voitures me frôlent à 90 km/h dans un vacarme assourdissant. Pour les 20 derniers kilomètres, je mets mes deux écouteurs, ne pouvant plus supporter ces bruits infernaux dans mes oreilles.

Je suis enfin à Bourg d’Oisans à 19 heures. J’achète à manger à Carrefour, bois un café avec Alain Nizette, lui mange un plat de pâtes. Je m’allonge et ferme les yeux 20 minutes avant d’attaquer les mythiques virages de l’Alpe d’Huez.

La route est raide mais je la monte sans trop de difficulté au début. Chaque virage offre un temps de respiration car la pente y est plus douce. Je grimpe à mon rythme en comptant les virages. Alors que le village devient de plus en plus perceptible à mesure que je m’en approche, les derniers lacets se font bien plus espacés et les derniers kilomètres sont vraiment difficiles. J’arrive en haut après 2 heures d’ascension. Il est 21 heures. Ma journée est terminée car je sais que je dors après la descente. C’était sans compter sur le Col de Sarennes, que je n’avais pas du tout anticipé ! En effet, arrivé à l’Alpe, il faut encore monter, cette fois sur une route de montagne défoncée au milieu d’un paysage désertique pendant plusieurs kilomètres qui semblent interminables. La nuit est belle et bien là. J’arrive difficilement en haut puis redescends mais la route est parsemée de trous, révélés au dernier moment par la puissante lampe fixée sous mon GPS. Je serre les dents et encaisse les chocs. Je ne vais pas bien vite. Je me prends une chauve-souris en pleine face mais n’ai pas le temps de m’en rendre compte. C’était une masse légère et assez molle qui ne m’a pas fait mal. La descente presque terminée, je décide de dormir dans le dernier village avant la départementale qui mène au Lautaret : je sais que ne n’y trouverais plus rien pour dormir ensuite.

Nuit entre Huez et le Lautaret

Je trouve une terrasse couverte de restaurant dans le village. Magnifique ! Il est 22 heures, j’installe mon bivouac et m’endors le plus rapidement possible. Je mets le réveil à 3 heures du matin pour arriver rapidement au sommet du Galibier le lendemain, mais lorsque le réveil sonne au milieu de la nuit, je me sens incapable d’affronter l’obscurité et le froid à plus de 2000 mètres d’altitude. Je laisse mon réveil sonner jusqu’à 5 heure puis pars enfin à l’abordage de l’un des plus célèbres cols alpestres. J’arrive vers 7 heures au sommet du Lautaret, prêt à entamer le Galibier. Alors que je suis arrêté pour mettre mon téléphone en charge, je me fais doubler par un concurrent mais une fois reparti, je réalise que nous montons à la même vitesse car notre écart semble stable. Je décide d’accélérer pour le rattraper : l’ascension est bien plus agréable à deux, en discutant, entouré par ces impressionnants assemblages de roches sombres. Le Galibier n’est pas un col si difficile malgré son impressionnante altitude de 2642 mètres. Seul le dernier kilomètres à 9% est raide mais j’arrive heureux au sommet. Il ne fait pas froid et je me paye le luxe de descendre en coupe-vent mais sans gants, le soleil rayonne déjà et me réchauffe. La descente est superbe. Je perds mon compagnon mais je continue à enchaîner les beaux virages. J’en prends plein la vue. Arrivé à Valloire, il est 8 heures et je vois une boucherie déjà ouverte. Je prends une tranche de pâté et un café en guise de petit déjeuner. Comme souvent, le commerçant est sans voix quand je lui explique d’où je viens et où je vais. On doit être un peu fou pour se lancer pareil défi. Mon compagnon d’ascension me retrouve et décide aussi de prendre le petit déjeuner ici, lui choisira une belle part de lasagne.

Premières pentes du Galibier


Je passe le presque imperceptible Col du Télégraphe pour arriver dans la Vallée de la Maurienne. Je vois pour la première fois le nom du point culminant de l’épopée et ses 2764 mètres sur un panneau blanc : « Col d’Iseran, 59 » 59, c’est le nombre de kilomètres avant d’arriver au sommet, et je comprends qu’y arriver va être long, très long. Cette vallée est interminable : j’essaie de ne plus penser à rien et de chasser les pensées négatives qui veulent occuper mon esprit. J’ai mal aux fesses depuis la veille au soir, ce qui ne m’est jamais arrivé, même après les 5 jours de Lille-Nice. Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? Je commence à avoir des irritations et de plus en plus de mal à m’asseoir sur la selle. Cela m’inquiète très sérieusement, j’ai tellement peur qu’elles empirent et deviennent insupportables. Il fait très chaud. Je roule doucement mais sûrement, c’est ce que je me dis. Je guette les pharmacies mais n’en vois aucune, jusqu’à celle-ci qui me redonne espoir. Un participant y est arrêté devant la vitrine et me dit qu’elle vient à l’instant de fermer ! N’en croyant pas mes yeux, je lui expose mon problème. Il me demande si je veux un peu de sa crème : je ne peux refuser. Je le remercie chaudement, elle me soulage momentanément. Je reprends cette longue route montant si désespérément.

Après quelques vrais cols aux pourcentages plus marqués, j’arrive enfin à Bonneval, tout au fond de la vallée de la Maurienne. Les prévisions météo ne sont pas bonnes et de l’orage est annoncé en haut. J’hésite entre le laisser passer et faire une pause en bas ou le monter tout de même. En traversant le village, mon intuition me dit de ne pas poser le pied par terre et de démarrer la vraie ascension sans attendre. Je quitte mon nouveau partenaire de route qui lui opte pour l’option “sieste”.

L’Iseran : le point culminant de l’aventure !

L’Iseran est difficile et l’altitude ne facilite pas les choses. Je le monte doucement en sachant qu’il me faudra presque deux heures pour monter les 900 mètres de dénivelé qui me séparent du sommet, à mon rythme de 500 mètres par heure Les paysages sont majestueux et j’essaie d’en profiter tout en avançant à 7 km/h. À 2 kilomètres du sommet, des gouttes commencent à tomber et la pluie s’intensifie rapidement. J’arrive enfin au sommet, prends quelques photos mais je sais qu’il ne faut pas traîner. Je sors mes gants d’hiver (super, je ne les ai pas emmenés pour rien !) et entame la longue descente sous une pluie battante. J’ai si peur de tomber sur la route détrempée que j’abuse des freins et ne dépasse pas les 25 km/h. La descente est longue, très longue jusqu’à Val d’Isère, j’y arrive heureux d’être en bas sans encombre et me réchauffe avec un grand café. J’essaie de ne pas perdre de temps et repars pour Bourg Saint Maurice dans un très long faux-plat descendant.

Je réalise que j’ai passé les deux plus hauts cols du parcours et que je vais bientôt voir la fin des Alpes, j’en suis vraiment heureux. Ça sera une très bonne étape de passée. Je trouve enfin une pharmacie pour m’acheter une crème réparatrice qui fera sont travail efficacement en deux jours. Ouf.

Le Lac de Roseland

En fin de journée, je m’oriente vers le Beaufortain et m’engage dans le Cormet de Roselend. Cette ascension est dans mon top des plus beaux paysages de la RAF. Peut-être parce que je suis seul sur mon vélo, entouré de seulement quelques vaches dont le son des cloches m’indique la présence en contrebas, alors que les derniers rayons du soleil font rougir le ciel. Arrivé dans le brouillard en haut du col, je redescends rapidement pour passer le magnifique Lac de Roselend. J’hésite à grimper le col des Saisies ce soir ou à dormir à Beaufort. Cette question m’obsède alors qu’à peine arrivé en bas du col, je découvre que le suivant est directement sur la droite sans passer par le village, et qu’un concurrent me fait des grands signes !

Je rencontre Edouard à ce moment, avec qui je vais partager la route pendant plusieurs jours.

La Race Across France est une course en solitaire, ce qui signifie que nous pouvons partager la route pour lutter temporairement contre la solitude (celle qui fait parfois tourner la tête et perdre tout repère) mais que nous ne devons pas rouler en drafting, c’est à dire nous relayer pour nous protéger du vent et ainsi économiser un petit peu de force. Mais si je ne dois retenir qu’une chose de la course, ce sont ces moments de partages qui ponctueront le récit jusqu’à la ligne d’arrivée au Touquet quelques jours plus tard.

Edouard est en train d’installer son campement dans ce qui ressemble à une cabane restant debout avec plus de chance qu’autre chose, et je comprends que nous partageons ce dilemme : monter le col ce soir ou dormir ici ? Nous comprenons rapidement que nous avons tout intérêt à unir nos forces, à nous soutenir et à le monter de nuit. Nous prenons donc la route tous les deux et alors que nous faisons connaissance, nous nous lançons le défi fou d’atteindre le CP3 de Doussard (1050 km) cette nuit, ce qui devrait nous faire arriver vers 5 heures du matin : dormir dans un lit de camp nous motive au plus haut point. La montée est longue et l’excitation laisse place à la fatigue. Nous ne sommes plus très lucides en arrivant en haut et entamons la descente vers Megève. Nous décidons de descendre le plus possible en altitude avant de trouver un abri pour dormir une heure. Nous nous arrêterons sur une terrasse pour nous régénérer un peu mais l’altitude est encore trop haute et nous repartons à 1h30 du matin, saisis de froid. Nous aurions dû nous arrêter plus bas, après Megève. Conserver toute sa faculté de jugement et faire les bons choix est parfois difficile avec la fatigue.

Début de la Colombière dans la nuit

Fin de la Colombière ensoleillé !

Nous repartons bien engourdis au milieu de la nuit pour passer Megève, Sallanches puis Cluses et nous attaquer au dernier col des Alpes : la Colombière. Nous croisons la route d’un autre concurrent et nous commençons l’ascension tous les trois, silencieux dans la nuit. Nous luttons tous contre la fatigue physique et le sommeil. Le soleil se lève à mesure que nous montons et les premiers rayons nous réchauffent alors que nous nous approchons du sommet. Les derniers kilomètres sont très difficiles à plus de 10%. Nous sommes si heureux d’arriver au sommet, ce qui signifie que nous en avons terminé avec les Alpes ! Nous venons de réaliser 15 000 mètres d’ascension lors des 500 derniers kilomètres.

Je perds Edouard dans la descente et arrive seul au CP3 de Doussard après avoir longé le Lac d’Annecy. Je me sens en forme et décide de ne pas m’y arrêter longtemps. Certains participants, épuisés, y sont arrêtés depuis de longues heures. Je repars rapidement après avoir gonflé mes pneus (leur pression était tombée à seulement 2 bars !) et lubrifié ma chaîne. Mes parents, qui habitent à Chambéry, m’attendent pour un café au bord du Lac du Bourget, ce qui me motive au plus haut point.

Je repars avec Olivier, qui me suit sur mes réseaux et qui est venu à Doussard pour venir à ma rencontre après avoir suivi ma progression sur l’application. Je suis honoré ! On monte ensemble le col de Leschaux traversant les Bauges et cette rencontre me redonne beaucoup d’énergie. On y parle de tout et de rien, de triathlon et de régime cétogène. Je suis en super forme ! Après 1 heure de route partagée, on se sépare et je plonge vers le Lac du Bourget, que je connais si bien pour avoir passé 10 vacances d’été. Je m’offre une pause d’une demi-heure pour boire un café en famille. Je passe ensuite le Col du Chat pour arriver dans les plaines de l’Ain en direction de Lyon.

Après le Lac d’Annecy, traversée des Bauges avec Olivier

Lors de l’ascension vers le lac d’Ambléon, je sens ma chaîne sauter de façon très inquiétante. Je m’arrête et découvre qu’un maillon est en train de céder. Je n’avais pas besoin de ça ! Alors que je le répare, je remarque que mon dérailleur avant a bougé et qu’il est étrangement bloqué par le grand plateau : je passe une heure à essayer de le remonter mais rien n’y fait. Je repars plusieurs fois sans succès puis résigné, je décide d’opter pour la solution radicale : il reste 1300 kilomètres mais les Alpes sont passées : le petit plateau ne devrait plus beaucoup me servir et je retire complètement mon dérailleur avant pour le reste de l’aventure.

Dans les Alpes, j’avais remarqué que je pédalais plus efficacement en montée avec une cadence de pédalage faible, en danseuse avec de la force plutôt que de la cadence, car cette technique me permettait de maintenir une fréquence cardiaque basse. Sur les efforts de plusieurs jours, avec la fatigue ma fréquence cardiaque ne monte plus au dessus de 140 battements par minute et cette façon de pédaler était une bonne solution, en plus d’épargner mon arrière train souffrant alors que j’enchainais les cols les jours précédents. En l’absence de petit plateau, j’ai donc passé toutes les bosses qui ont suivi  avec un plateau de 52 et souvent au milieu de la cassette, à une cadence de 35 tours de pédalier par minute.

En fin d’après-midi, mon dérailleur fraîchement démonté, je tombe sur Flavien, rencontré peu de temps avant sur Instagram. On roule tranquillement autour de Lyon, la lumière est magnifique, l’humeur est bonne. Je me rends compte que j’adore rouler en fin de journée, profitant du calme et des derniers rayons du soleil. Nous sommes dans une région très peu peuplée et nous ne trouvons aucun commerce jusqu’à cette pizzeria.

Après avoir eu énormément de mal à me nourrir depuis le début, j’ai décidé de manger davantage de glucides pour relancer mon métabolisme et mon appétit ce matin. À Doussard, j’ai mangé quelques viennoiseries, ce qui m’aida. Ce soir, je ne dis pas non à une pizza, elle est super bonne. Je digère bien ces glucides et je ne subis pas de yoyo glycémique. Je réalise qu’une approche cétogène stricte tout au long de l’année et quelques glucides en compétition peut-être intéressante, car même avec ces glucides, j’ai conservé ma capacité à brûler des graisses et je fus préservé d’hypoglycémies.

Fin de journée dans la campagne lyonnaise avec Flavien

Alors qu’on avance encore avec beaucoup de plaisir, je décide de laisser Flavien vers 21h30, réalisant que je roule depuis 1h30 du matin. Je fais l’erreur de m’arrêter alors que j’ai encore de l’énergie, je ne le comprendrais que le lendemain matin, après une nuit passée transit de froid, la pluie s’abattant sans interruption sur et à l’intérieur de mon bivi. Lorsque le réveil sonne à 3 heures, l’idée de sortir m’est impossible à envisager vu la taille des gouttes qui me frappent le front. Je n’arrive à sortir qu’à 6 heures, quand la pluie s’arrête. Je suis trempé jusqu’à l’os comme mon matériel de couchage que je presse dans ma sacoche arrière en l’état avant de repartir.

Nuit sous la pluie dans le cimetière…

Je m’en veux de m’être arrêté alors que j’étais en forme et que nous roulions bien avec Flavien. J’aurais dû continuer et profiter de notre association pour prolonger la journée. Je m’en veux aussi d’avoir fermé les yeux sans avoir regardé la météo, peut-être aurais-je vu qu’il allait pleuvoir et qu’il fallait que je trouve un abri pour jeter mon campement. Je me suis arrêté plus de 8 heures, une éternité !

Malgré tout, je repars en retrouvant rapidement de l’entrain. Je savais que la course n’allait pas être un long fleuve tranquille, j’étais servi ! Je pense que nous sommes au milieu de la matinée quand je décide de boire un café rapidement. Alors que je suis accoudé au bar, j’entends une voix familière au-dessus de mon épaule : c’est Edouard que je retrouve complètement par hasard. Quelle surprise !

On se raconte nos déboires de la nuit. Lui a roulé presque sans interruption après s’être arrêté longuement pour dormir à Doussard. Alors qu’on avance ensemble, j’apprends qu’il veut se prendre un hôtel pour bien récupérer cette nuit. Quand j’ai rangé mon campement détrempé, j’ai vite compris que je ne pourrais pas dormir dedans cette nuit et c’est pour cela que j’ai réservé un Ibis peu après Nevers pour la nuit qui allait arriver. Je l’invite donc à partager la chambre, ce qui nous lia pour toute la journée.

À la fin de celle-ci, un peu avant Nevers, nous croisons la route de Laurent et continuons tous les trois. Lui aussi veut dormir à l’hôtel et prend une chambre dans le même que nous.

Au sec dans l’Ibis Budget de Cosne-Court-sur-Loire

Avoir un peu de compagnie sur la route fait un plaisir fou mais j’ai parfois le sentiment de ne plus être dans ma course et de ne pas m’arrêter quand je veux, même de trop m’arrêter. Après mes soucis mécaniques, j’ai commencé à chasser la moindre minute de perdue dans les commerces. D’un commun accord, on décide de partir à 5h30 le lendemain mais de faire route à part, de ne pas s’attendre. Je décide de me mettre alors en mode course, de tenter de pousser fort sur les pédales avec l’énergie qui me reste et de compter chaque pause pour ne m’arrêter que si nécessaire et de manger tous mes repas sur le vélo.

Nous sommes sur la partie la plus plate du parcours, vers Blois et en direction du Château de Chambord. Je regrette l’absence de prolongateurs pour transpercer l’air plus efficacement et économiser quelques watts mais je roule souvent les avant-bras posés sur le cintre pour me reposer les mains et gagner légèrement en aérodynamisme. Les longues lignes droites à travers champ sont difficiles pour le mental. La sensation de ne pas avancer assez vite s’installe mais je chasse les pensées négatives. Les 17 km/h de moyenne dans les Alpes se transforment tout de même ici en 23 km/h.

Je traverse ainsi rapidement la France avec trois journées comprises entre 310 et 380 kilomètres. Le Château de Chambord, le Mont-Saint-Michel, la traversée de la Normandie, Omaha Beach et les plages du débarquement, chaque heure passée sur le vélo me rapproche plus de la ligne d’arrivée. Terminer la course en moins de 8 jours devient plus palpable à chaque instant. Cet objectif m’encourage à augmenter chaque jour mon temps sur le vélo et raccourcir mes nuits à la limite de mes possibilités.

Enfin le Mont-Saint-Michel !

Soirée à Deauville

Mes deux dernières nuits dureront moins de 3 heures. Les heures à rouler dans le froid avant le lever du soleil furent les plus difficiles que j’ai connu pendant l’épreuve. L’arrivée en Bretagne fut accompagnée d’une pluie glaçante vers 4 heures du matin, rendant l’avancée plus pénible encore, et le soleil ne semblait jamais vouloir se lever. Malgré les coups de pédales, j’avais l’impression d’être incapable de me réveiller, tentant toute les techniques pour ouvrir les yeux complètement, sans succès.

Les paupières lourdes, se fermant parfois plusieurs secondes, nous avancions ainsi sous la pluie avec Vincent, mon nouveau compagnon de route. Il s’est arrêté à ma hauteur alors que j’étais en train de remonter sur le vélo après une courte nuit. Nous roulions doucement et en silence, attendant sans doute la même chose, la vue du jour puis les premiers rayons nous réchauffant. Le café ouvert à 7 heures du matin à Fougères nous fîmes le plus grand bien après la pluie subie. Je ne sais plus comment nous nous sommes perdus ensuite, sans doute nos rythmes n’étaient pas les mêmes. Le lendemain matin vers 3h30 du matin, alors que je roulais depuis quelques minutes seulement,  je vis une lumière rouge clignotant au loin : je mis quelques minutes pour la voir grossir puis pour rattraper Vincent. C’est amusant de constater que nos rythmes de croisière et nos arrêts n’étaient pas les mêmes mais que nous finissions toujours par nous retrouver. Il décida de s’arrêter dormir dans l’abri d’un distributeur de légumes autour des champs et moi de continuer malgré la fatigue terrible dans la nuit profonde.

Parmi les rencontres qui ont marqué mon aventure, il y a aussi celle avec Guillaume Klein, que je double en fin d’après midi alors qu’il était à l’arrêt vers les stations balnéaires normandes. Parti très fort les premiers jours, Guillaume souffre de douleurs aux cervicales qui l’empêchent de lever la tête et de se pencher sur le vélo. Nous n’avons fait que nous croiser pendant les 2 derniers jours jusqu’à passer la ligne d’arrivée ensemble. Nos deux stratégies étaient différentes : je préférais faire de « vraies nuits » de 3 heures, lui rouler jour et nuit avec l’énergie que lui apportait des micro-siestes répétées.

Avant d’arriver à Honfleur en milieu de soirée, il s’arrête faire une sieste avec l’objectif de retrouver assez de forces pour rouler ensuite toute la nuit. Je préfère continuer pour dormir après le Pont de Normandie. La traversée de ce géant de béton chevauchant l’embouchure de la Seine est un véritable supplice : il est 22h30 quand je m’y attaque. La voie cyclable ne fait que quelques décimètres et seule une ligne de peinture blanche me sépare des voitures fonçant à une allures folles. Les camions me frôlent et les masses d’air remuées m’envoient violemment vers la route. Je tiens mon guidon de toutes mes forces en priant intérieurement dès que j’entends un véhicule arriver derrière moi. Au plus haut point du pont, les bourrasques de vent se mêlent à la fête, ce qui rend la situation extrêmement dangereuse. Je décide de chevaucher le petit terre-plein et de finir sur la voie de sécurité qui est à ma droite, afin de gagner un peu en sécurité.

Juste avant le Pont de Normandie, Honfleur !

L’effrayant Pont et sa belle voie cyclable…

Il commence à être tard et je suis épuisé. Mon compteur compte déjà 360 kilomètres depuis le départ de 3h30 de ce matin. Je suis soulagé de me dire que je vais dormir dans quelques minutes, une fois un petit coin d’herbe au calme trouvé… Sauf que, passé le pont, je me retrouve littéralement au milieu de rien. Je roule seul sur une voie ressemblant à une autoroute déserte au milieu des marécages, mon GPS m’indique 10 kilomètres en ligne parfaitement droite. J’ai l’impression que je ne vais jamais y arriver. J’essaie de pédaler le plus fort possible pour que ce moment difficile passe plus vite mais j’ai l’impression que ça ne sert à rien. Je regarde les décamètres passer doucement sur mon compteur. Je cherche désespérément quand sera le prochain village sur Komoot mais je n’en vois pas à proximité. Je me retrouve ensuite sur une voie parallèle à une autoroute pour 10 kilomètres supplémentaires. J’hésite à abandonner et dormir dans le vacarme des voitures quand la route tourne et s’élève sur la gauche. J’espère que ces 3 kilomètres à 4%, que je monte sans surprise sur le grand plateau, sont ma dernière épreuve du jour.

Je termine enfin l’ascension de cette bosse et je guette sans relâche à droite et à gauche si la lumière des mes phares révèle un coin pour enfin dormir. Alors que je suis prêt à dormir n’importe où tant mes yeux se ferment facilement et mes jambes me supplient d’arrêter, je découvre un abri-bus fermé sur ses 3 côtés. Je ne pouvais pas trouver mieux ! Ni une ni deux, je gonfle rapidement mon matelas, rentre dans mon bivi des pieds à la tête pour me cacher de la lumière des quelques réverbères, je mets mon réveil trois heures plus tard et m’endors instantanément.

C’est après ce réveil très difficile que je retrouve Vincent, avant qu’il ne s’arrête dans le distributeur à légumes. Après 7 jours de course, nous ne sommes plus que des automates programmés pour pédaler, dormir, manger et se protéger du froid. Nos horloges internes ont perdu toute logique et le moindre toit au milieu du néant se transforme en hôtel de luxe. Chaque 10 minutes de sieste est un petit bonus de gagné dans la bataille contre la fatigue.

Je lutte inexorablement alors que le soleil semble désespérément cloué en dessous de l’horizon. Je baisse les armes à 6 heures, m’assois en tailleur dans un abri et m’endors instantanément. Je repars 10 minutes plus tard avec quelques points de batterie de gagnés.

Il reste moins de 200 kilomètres à parcourir. J’ai l’impression que la course est terminée et n’arrive plus à me concentrer pour les 8 heures qu’il me reste à pédaler. La traversée de la Seine-Maritime puis de la Somme consiste à un enchainement infini de faux-plats montants puis redescendants à travers les champs de betteraves et de blé. Je n’arrive plus à apprécier les paysages, il fait gris et plutôt froid.

Vers midi, alors que nous sommes à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, je tombe à nouveau sur Guillaume. Nous luttons tous les deux contre le vent sur ces longues lignes droites et on se dit qu’un peu de compagnie sera toujours bénéfique, tout en prenant soin de ne pas se protéger mutuellement du vent.

On se raconte nos dernières anecdotes et nos nuits : “j’ai dormi trois heures dans un abri fermé, c’était royal !” lui dis-je, puis il me répond : “je sais, j’ai dormi avec toi !” Je n’en crois pas mes oreilles, jusqu’à qu’il me montre cette photo. Guillaume a eu le temps d’arriver, de poser son vélo, de s’allonger collé à moi dans l’espace de 40 cm qu’il restait, de se réveiller à la sonnerie de son téléphone, de repartir, et je n’ai absolument rien entendu. Moi qui pensais avoir le sommeil léger, j’ai la confirmation de l’état de fatigue avancé dans lequel j’étais !

Emmitouflé dans mon bivi, Guillaume dormira sans me réveiller dans le trou de souris à ma gauche

On se perd puis se retrouve de nombreuses fois à l’approche du Touquet. Je vois les notifications de mes proches qui sont les yeux rivés sur Soluchrono pour fêter mon arrivée virtuellement. Je passe le panneau indiquant l’entrée de la station balnéaire, ayant du mal à réaliser que la fin de l’aventure est déjà maintenant. Sur la dernière ligne droite, au bord de la mer, je plisse les yeux pour trouver les drapeaux de la course placés sur la ligne d’arrivée. Je les vois enfin ! Je discerne ensuite les personnes en dessous et cherche avec une grande attention ma chérie que j’ai si hâte de retrouver. Je la vois enfin, je passe la ligne d’arrivée en 7 jours, 17 heurs et 28 minutes et la serre fort dans mes bras alors que les quelques bénévoles et public présent applaudissent.

© Quentin Iglesis pour Race Across France

Je suis finisher de la Race Across France, cette course qui me faisait rêver. Quelques semaines après, j’ai encore du mal à réaliser.

Même si j’avais fait quelques courts voyages en autonomie, seul sur mon vélo, dont le dernier fut Lille-Nice en juin, prendre le départ d’une course officielle fait rentrer dans une toute autre dimension. Ayant l’unique objectif de la terminer, j’ai très rapidement été happé par l’excitation et le sentiment de devoir y arriver le plus vite possible.

Je me pensais incapable de ne dormir qu’une heure ou deux et de repartir rouler toute la journée, et pourtant j’y suis arrivé car ce chronomètre tournant en permanance dans ma tête et la vue de ces concurrents qui continuaient à rouler jour et nuit m’ont poussé à me dépasser. Je ne l’aurais jamais fait sans enfiler de dossard.

Pour terminer, je remercie toutes les personnes qui m’ont donné de la force pendant cette épreuve : ma chérie et ma famille, mais aussi toutes les personnes qui me suivent sur Facebook et Instagram pour tous les messages. Un immense merci !

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Olivier Maria

Olivier Maria

Passionné de sport et de cuisine, je concilie les deux en suivant le mode de vie cétogène. J'utilise l'énergie que me procure une alimentation pauvre en glucides et riche en matières grasses pour courir, pédaler, nager...

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